Composante 3: Renforcement institutionnel pour des infrastructures routières et une planification logistique résilientes au changement climatique

Le score à l’Indice de performance logistique du Burundi, à 1,95 en 2019, est inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne de 2,2.[1] Étant donné que le pays dépend presque entièrement du transport routier pour ses échanges régionaux et internationaux, un faible score à l’Indice de performance logistique constitue un indicateur de plus de la mauvaise qualité des infrastructures routières, marquée par une importante lacune en matière d’entretien. Cette composante financera une assistance technique pour la réalisation d’une étude de diagnostic à grande échelle du système de transport routier du Burundi dans le but de déterminer ses forces et ses faiblesses, ainsi que les menaces et les opportunités y afférentes, y compris les considérations de vulnérabilité et de risques liés au changement climatique. En outre, cette composante financera les activités de renforcement institutionnel et de renforcement des capacités, l’assistance technique, l’équipement et les frais de voyage pour appuyer la formulation de politiques et la mise en œuvre des activités déterminées dans l’étude diagnostique et les documents l’accompagnant. La Composante 3 comprendra également des activités visant à préparer la génération suivante de spécialistes des transports, en mettant un accent particulier sur l’arrivée d’un plus grand nombre de femmes dans le secteur. Les programmes de renforcement des capacités entrant dans le cadre de cette composante effectueront des études du transport et de la logistique au niveau technique et exécutif, en tenant compte de thèmes transversaux tels que le genre, le changement climatique et la numérisation.[2]


[1] L’Indice de performance logistique mesure la qualité des infrastructures liées au commerce et au transport sur un barème de 1 (faible) à 5 (élevée).

[2] D’après des enquêtes menées par la Banque mondiale en partenariat avec des institutions académiques et internationales et des entreprises privées et des particuliers travaillant dans la logistique internationale.

Sous-composante 3.1 : Infrastructures routières et planification logistique résilientes au changement climatique

Cette sous-composante visera essentiellement à assurer la durabilité du réseau routier et à préparer un plan stratégique qui assurera que les investissements dans les travaux futurs seront réalisés en considération des normes d’infrastructures et de services résilients au changement climatique et à faible émission de carbone. Cette sous-composante comportera trois activités complémentaires déterminées à partir du diagnostic du système de transport routier :

a) Infrastructure routière et stratégie logistique. Les constats et les conclusions tirés de cette étude diagnostique cadre serviront à orienter la préparation du Schéma Directeur pour des infrastructures routières et une logistique résiliente au changement climatique (SDIRL-RC) du Burundi et l’élaboration d’une Stratégie intégrée pour des infrastructures routières et une logistique résilientes au changement climatique (SIIRL-RC) pour orienter la mise en œuvre du schéma-directeur. Le schéma directeur et la stratégie intégrée seront en cohérence avec le PND du Burundi et contribueront à celui-ci. La SIIRL-RC couvrira, entre autres, les éléments spécifiques suivants :

Une Stratégie de développement et de préservation des routes résilientes au changement climatique et un plan d’action pour sa mise en œuvre, comprenant le financement, l’entretien, la réhabilitation et l’application du contrôle des charges à l’essieu. Le plan d’action comprendra également la préparation et l’exécution d’exemples de contrats routiers basés sur les résultats et de systèmes de contrats d’entretien routier communautaires financièrement viables, conçus pour promouvoir l’efficience, la résilience au changement climatique et les résultats dans l’exécution des contrats routiers

Des solutions de financement pour atténuer de façon durable les risques d’inondation et d’autres catastrophes naturelles sur le long terme.Une Stratégie de développement des capacités de transport résilient au changement climatique et un plan d’action d’accompagnement, pour orienter l’autonomisation graduelle et pérenne des institutions du secteur, ainsi que les professions de sous-traitance et de logistique, en les dotant de connaissances, de compétences et d’opportunités commerciales adéquates. Une analyse des obstacles et des facilitateurs de l’augmentation de la participation des femmes au secteur des transports en qualité de décideurs politiques.

Une Stratégie pour une logistique de transport routier résiliente au changement climatique (SLTR-RC) et un plan d’action d’accompagnement pour orienter les réformes et les investissements susceptibles d’améliorer la compétitivité commerciale régionale et internationale et la résilience au changement climatique du Burundi de façon durable, tout en réduisant les pertes dues aux accidents de la route.

Investissement prioritaire dans les transports résilients au changement climatique. Cette activité financera l’assistance technique pour la préparation d’un Programme d’investissement prioritaire pour des transports résilients au changement climatique (PIPT-RC) glissant à moyen terme à intégrer dans le PND (2018-2027). Le PIPT-RC sera une base de données des projets d’investissements routiers prioritaires et des mesures de résilience au changement climatique associées issues de la SIIRL-RC et en cohérence avec les priorités et les critères définis dans le PND, qui comprennent, entre autres, la vulnérabilité des routes aux aléas naturels et les impacts du changement climatique. Il sera en cohérence avec les priorités d’investissement définies dans le PND et les budgets d’investissement nationaux annuels du gouvernement et contribuera à celles-ci par des intrants du secteur routier. À cet égard, il devrait aider le GdB à passer de son approche ad hoc actuelle à une plateforme holistique visant à orienter les décisions d’investissement et de financement qui intègrent les considérations de résilience au changement climatique dans la priorisation des investissements et le processus décisionnel. Il servira également d’outil de planification, guidant le GdB dans la mobilisation des ressources prévues et d’urgence pour des investissements de transport ciblés dans le secteur routier. Le premier PIPT-RC sera préparé et couvrira la période restante du PND en cours. La mise aux normes et la réhabilitation du tronçon routier de Bujumbura-Gitega, reliant Bujumbura à la capitale politique du Burundi est un de ces projets à inclure dans le PIPT-RC, que le GdB a proposé pour étude urgente en faisant une demande officielle auprès de la Banque mondiale. Cette activité financera l’ingénierie détaillée complète et les études y afférentes nécessaires, y compris les études de vulnérabilité et autres études liées au changement climatique, en préparation au financement et à la mise en œuvre.

b) Agence de régulation du secteur des transports (ARST). Les ministères chargés des transports ont déjà lancé certaines activités préparatoires pour la création de l’ARST. Cette activité appuiera donc le cadre institutionnel de création de l’ARST qui sera chargée de réglementer toutes les questions de politiques liées aux transports, d’assurer la conformité de la législation et de la fourniture adéquate et à des niveaux appropriés des services de transport.

c) Agence de régulation du secteur des transports (ARST). Les ministères chargés des transports ont déjà lancé certaines activités préparatoires pour la création de l’ARST. Cette activité appuiera donc le cadre institutionnel de création de l’ARST qui sera chargée de réglementer toutes les questions de politiques liées aux transports, d’assurer la conformité de la législation et de la fourniture adéquate et à des niveaux appropriés des services de transport.

    Sous-composante 3.2 : Appui aux politiques et à la planification pour un secteur des transports à faible émission de carbone résilient au changement climatique

     L’objectif principal sera d’opérationnaliser la mise en œuvre de la SIIRL-RC suivant ses différentes composantes et d’appuyer le dialogue en cours entre les autorités burundaises et les pays voisins, à savoir la Tanzanie, le Rwanda et la République démocratique du Congo sur le développement de modes de transport à faible émission de carbone complémentaires au transport routier, tels que les chemins de fer ; et l’adoption de mesures visant à renforcer la résilience au changement climatique des secteurs du transport et de la logistique. Cette sous-composante financera également le coût de la prime de performance. L’appui au dialogue sur les modes de transport complémentaires à faible émission de carbone et résilients au changement climatique impliquera de fournir une assistance financière et technique au GdB pour lui permettre de couvrir sa part du financement nécessaire pour réaliser les études de faisabilité préliminaires d’une ligne de transport ferroviaire résiliente au changement climatique partant de la Tanzanie, traversant le Burundi pour finir dans la partie Est de la République Démocratique du Congo ; de bénéficier de conseils d’experts dans le cadre du dialogue régional sur les options de transport résilientes au changement climatique et à faible émission de carbone ; de créer une entité nationale spécialisée et de la doter de ressources humaines appropriées pour accompagner le gouvernement dans son dialogue régional sur les transports ; et de financer les voyages et autres dépenses pour appuyer la participation des délégations burundaises au dialogue régional.

    L’opérationnalisation de la SIIRL-RC devra bénéficier d’assistance technique, d’informations et d’outils numériques pour réussir. Les activités anticipées être nécessaires à l’opérationnalisation de la SIIRL-RC comprennent, entre autres :

    a) La collecte de données et la mise en place d’une base de données complète, intégrée et fonctionnelle sur les infrastructures routières et la logistique des transports, couvrant les aspects clés de la préservation du réseau routier (contrôle des charges à l’essieu, entretien, réhabilitation et reconstruction). La base de données sera déployée localement, aussi bien que sur Internet et pourra traiter, produire et diffuser des informations multidimensionnelles sur tous les aspects du système de transport routier, y compris l’état du réseau ; l’exposition et la vulnérabilité aux aléas naturels et aux impacts du changement climatique ; les coûts de construction ; la performance des entrepreneurs routiers ; la performance de la chaîne logistique ; l’efficience du contrôle des charges par essieu ; les indicateurs d’entretien et de financement des routes ; les profils des ingénieurs nationaux ; et les données relatives aux parcs de voitures et de véhicules, les accidents, etc. La base de données devrait intégrer des analyses et d’autres instruments ou modèles intelligents ou être renforcée à l’aide de ceux-ci, pour permettre l’affichage d’informations statistiques au profit des utilisateurs finaux. Cette base de données sera hébergée par l’ARB.

    b) La formation du personnel du secteur sur l’utilisation de la base de données et du modèle routiers, y compris les techniques de collecte, de compilation et de mise à jour des données sur le climat et les aléas naturels ; la gestion et l’analyse des données ; les rapports ; et le développement, le déploiement et l’exploitation plus poussés de la base de données routières pour assurer diverses fonctions.

    c) L’acquisition et l’installation de serveurs et d’autres équipements informatiques pour faciliter l’exploitation de la base de données et du modèle.

    d) La préparation des instruments juridiques et un appui consultatif au gouvernement en vue de la réforme du système de transport routier, y compris l’intégration des considérations relatives au changement climatique dans les systèmes de transport routier, et la réforme des institutions routières et de transport.

    e) La préparation des instruments juridiques et la fourniture de conseils et d’outils pour appuyer la mise en œuvre du nouveau plan d’action de sécurité routière établi dans le cadre de la Composante 2 de ce projet.

    Première génération de spécialistes des transports résilients au changement climatique et appui au Comité de certification des ingénieurs

    Cette sous-composante sera axée sur le renforcement du secteur des transports d’une perspective d’appui à la création de capital humain et d’institutions. Elle appuiera le développement du capital humain par l’apport d’expertise, premièrement, en introduisant un programme de Master au Burundi visant essentiellement à constituer la première génération de spécialistes des transports résilients au changement climatique, ainsi qu’en appuyant la formation continue du personnel des institutions de transport.

    La sous-composante développera et mettra en œuvre un programme de master de deux ans en planification et logistique des transports résilients au changement climatique au sein de l’Université du Burundi (en tant que bénéficiaire) avec le partenariat d’une université de renommée internationale, contractée dans le cadre du projet. Il est à noter que l’Université du Burundi d’une capacité de 514 Enseignants et chercheurs a actuellement des conventions de partenariat avec 47 Universités internationales, 12 Universités locales et 5 Etablissements Publics. Le programme professionnel sera conçu pour amener les questions de changement climatique, de genre et de numérisation au cœur de la planification des transports. Le programme ciblera environ 50 jeunes et professionnels burundais pour les masters et cinq universitaires potentiels pour l’apprentissage doctoral. Parmi les personnes acceptées dans ces programmes professionnels, au moins 20 pour cent devraient être des femmes, avec le soutien de deux associations professionnelles féminines actives au Burundi, Femmes Ingénieures Actives Pour le Développement Inclusif (FIANDI) et Women in Construction and Trade (WCT). Ces associations veilleront à ce que les obstacles auxquels les femmes sont confrontées pour entrer et terminer un tel programme soient surmontés. Des efforts particuliers seront déployés pour veiller à ce que le processus d’information et de recrutement du programme atteigne les femmes par le biais de conversations avec des femmes modèles au sein de l’Université du Burundi, et une stratégie de communication ciblant les femmes sera conçue. Les critères de sélection pour participer au master veilleront à intégrer une perspective de genre. Une fois que la cohorte de femmes aura terminé avec succès le programme de maîtrise, un stage rémunéré de six mois pour les femmes aura lieu au sein du MIELS et du MCTITpour éliminer les obstacles à l’exposition des femmes au secteur et renforcer les aspirations futures. Cette sous-composante couvrira les dépenses liées au stage, y compris les paiements. Une analyse de genre des processus de ressources humaines au sein du MIELS et du MCTITsera mise en place pour s’assurer que le stage aborde les obstacles auxquels les femmes pourraient être confrontées en participant au stage, tels que les frais de transport, les horaires rigides et SH.

    La sous-composante comprendra également une assistance technique pour l’évaluation des besoins de formation et de la conception de formations de courte durée pertinentes (déterminés à partir d’une évaluation des besoins de formation) pour le personnel en service du secteur dans divers aspects de la gestion des transports et de projet. Le programme de formation sera élaboré en tenant compte des outils de planification stratégique produits dans le cadre de ce projet.

    La conception du programme intégrera également un axe de recherche et développement pour permettre aux jeunes burundais retenus de faire leurs recherches sur les matériaux et les contextes locaux, en accordant une attention particulière aux thèmes liés à ce projet, tels que le changement climatique et son impact sur le réseau routier (érosion et autres dommages causés par les inondations) et la conception d’options techniques et de solutions fondées sur la nature, telles que la régénération de la végétation en tant que mesures de protection du réseau routier, etc. L’apprentissage à partir de la recherche et du développement comprendra également des dispositions spéciales à l’intention des femmes candidates, mises en œuvre à travers les deux associations professionnelles féminines actives déterminées au Burundi. Un accord de collaboration spécial sera établi entre l’Université du Burundi et FCC pour encourager l’implication à long terme des femmes des associations Femmes ingénieures actives pour le développement inclusif et FCC après la clôture de ce projet.

    Le projet comprendra également un paquet spécial visant à promouvoir des cours de formation sur le tas de courte durée pour le personnel du secteur au sujet de divers aspects des infrastructures de transport et de la logistique, de la politique et de la réglementation, de la sécurité routière, de la gestion des contrats, de la gestion des contrats routiers, des contrats routiers axés sur les résultats, des contrôles internes, de la passation des marchés, de la gestion financière (GF) et de l’audit, des sauvegardes environnementales et sociales, de l’analyse économique de projets et de la mise en œuvre de projets dans des contextes de fragilité et de conflit.

    Cette sous-composante appuiera la création et la mise en place d’un Comité de certification des ingénieurs conformément aux pratiques d’excellence dans la région de l’Afrique. Le MIELS, le MCTIT et les autres parties prenantes concernées bénéficieront de voyages d’étude et d’échanges de connaissances avec des pays qui ont réussi à mettre en place des Comités de certification des ingénieurs fonctionnels. Le Comité de certification des ingénieurs sera également mis en place en consultation avec l’association Femmes ingénieures actives pour le développement inclusif, afin d’assurer une représentation fidèle des femmes ingénieures et l’intégration d’une perspective genre dans les conditions d’inscription et d’entrée, en s’attaquant d’emblée aux obstacles structurels auxquels les femmes pourraient se heurter.

    Sous-composante 3.4 : Renforcement de la surveillance, de la prédiction et de la prévision des aléas climatiques pour les évaluations de la résilience et de la vulnérabilité du secteur routier

    Cette sous-composante sera axée sur le renforcement de la capacité des institutions nationales intervenant dans les transports à prévenir et à répondre aux catastrophes liées au climat. Ceci sera effectué en coordination avec la Direction Générale de la Protection Civile et de la Gestion des Catastrophes (DGPCGC) et l’Institut Géographique du Burundi (IGEBU) pour permettre de mener des activités de renforcement des capacités et de sensibilisation parallèlement à la fourniture d’équipements hydrométéorologiques efficaces pour améliorer la capacité nationale de surveillance, de prévision et d’alerte précoce afin d’éclairer la résilience du secteur des transports. Les activités suivantes sont envisagées dans le cadre de cette sous-composante : (a) acquisition d’équipements pour le bureau et pour la communication à l’IGEBU; (b) développement d’une plateforme d’interface utilisateur/plateforme de coordination technique entre l’IGEBU et le personnel technique des ministères et des agences des transports, pour assurer la surveillance périodique des risques liés au climat concernant les actifs infrastructurels, et les inclure dans la planification saisonnière/annuelle de la sécurité routière et des transports (programme de travail annuel et activités de budgétisation) ; (c) formation des entités de coordination aux niveaux local et national en vue d’assurer la gestion et la préparation aux catastrophes et la planification d’urgence ; (d) activités de renforcement des capacités du Ministère de la Sécurité Publique et de la DGPCGC dans la mise en place d’un système de base de données pour améliorer la collecte, la saisie, l’analyse et l’archivage des catastrophes passées ; et (e) formation et facilitation de l’utilisation des données sur les aléas naturels et le changement climatique, et réalisation d’évaluations de la vulnérabilité des activités de politique et de planification des transports, y compris l’utilisation des informations pertinentes dans le SDIRL-RC, la SIIRL-RC, la SDPR-RC,[1] la SLTR-RC, la SDCT-RC[2] et le PIPT-RC, et pour éclairer le dialogue entre les autorités burundaises et la Tanzanie, le Rwanda et la République démocratique du Congo voisins à propos du développement de modes de transport complémentaires résilients à faible émission de carbone.


      [1] SDPR-RC = Stratégie de développement et de préservation des routes résilientes au changement climatique.

      [2] SDCT-RC = Stratégie de développement des capacités de transport résilient au changement climatique.